Où suis-je


Afficher escapadeasiatique sur une carte plus grande

dimanche 16 décembre 2012

Istanbul

Salut a tous!

Voila ca y est! Apres plus de 14 mois et 17'000 km en Asie, je suis de retour en Europe!
Lorsque nous passons le Bosphore en bateau et accostons sur la rive europeenne dans le quartier de Kabatas, nous nous regardons avec Remo. Nous nous sourions, mais nous nous sentons mal a l'aise; cette traversee signifie, en quelque sorte, la fin de notre voyage. Nous savons qu'il nous reste quelques milliers de kilometres et quelques mois de voyage, mais, dorenavant, plus rien ne sera pareil. Le retour est la, les questions concernant notre vie future en Suisse, chassent les reves d'evasion et de decouvertes. L'arrivee en Turquie avait deja ete un premier signe tangible de notre retour, mais le fait d'etre en Europe est encore plus significatif.
Istanbul, elle-meme, a change a mes yeux. Il y a un an, elle etait la porte de l'Asie, premiere ville tellement differente de ce que j'avais pu voir auparavant. Grouillante de monde, veritable patchwork de cultures, elle m'avait fascine. Elle etait ma premiere vision d'Asie.
Aujourd'hui, elle me semble tellement occidentale...
Mais, a Istanbul, je peux acheter du materiel de camping, mon matelas et mon rechaud n'ayant pas tenu la distance. Je profite aussi d'aller m'acheter des habits un peu plus chauds, j'ai un peu sous-estime le froid! Mon velo a egalement besoins de quelques soins, il est en de bonnes mains ici! Quand je quitterai Istanbul, j'aurai a nouveau un frein avant, luxe dont je suis prive depuis l'Ouzbekistan! Comme quoi, l'Occident a du bon aussi!

Mais revenons en arriere...Je quitte Sinop, le temps est magnifique et la route agreable; j'enchaine les kilometres sans trop de problemes. La route des le lendemain devient plus difficile, j'enchaine sans arrets les montees et les descentes. Le panorama est splendide, quand les nuages laisent leur place au soleil (un peu trop rarement a mon gout!) Une dizaine de kilometres avant d'arriver a Cide, dans une montee, ma chaine se casse! Je m'essaie ainsi a la trottinette! Je pousse le velo dans les montees et le renfourche dans les descentes! Le lendemain a Cide, je trouve un mecano qui peut me reparer ma chaine, comme tout est facile en Turquie! Comme j'ai perdu du temps, je decide non pas de rejoindre Safranbolu a velo en passant par Amasra, comme prevu initialement mais de me faire une petite excursion d'un jour en bus a Safranbolu. Je rejoindrai donc Remo dans les temps a Amasra d'ou nou pourrons rouler ensemble jusqu'a Istanbul. J'ai du plaisir a visiter la vieille ville de Safranbolu avec ses maisons ottomanes, mais elle est petite et j'en ai vite fait le tour! Le lendemain, je retourne a Cide, j'aurai fait dix heures de bus en 2 jours!
De Cide, je repars vers Amasra. La route et les paysages sont vraiment exceptionnels mais les grimpettes a repetition me fatiguent beaucoup. Quand j'arrive a Amasra, ou je retrouve avec plaisir Remo, j'aurai fait plus de 6000 metres de denivele postitif en a peu pres 300 kilometres! Je decouvre ainsi que le bord de mer n'est pas toujours plat!
Quand nous repartons d'Amasra avec Remo, nous pensons rallier Istanbul en cinq jours, mais nous apprendrons a nos depens que la route n'est pas beucoup plus plate! Il nous faudra neuf jours pour arriver a Istanbul! Nous avons toutefois beucoup de plaisir a rouler ensemble a travers ces beaux paysages. Et l'accueil turc est toujours aussi present, a chaque fois que nous nous arretons!

A bientot,
Yannik

lundi 26 novembre 2012

Chris et Elsa

Salut a tous!
Je n'en ai pas l'habitude, mais je voulais vous faire partager (et peut-etre participer a...) deux projets :

1) Chris 
 J'ai rencontre Chris l'automne dernier a Goreme en Cappadoce ou il travaillait quelques mois a la ugesthouse ou je sejournais. Nous avons rapidement lie amitie et sommes restes en contact. Nous nous sommes d'ailleurs revu a Och au Kirghizstan. Il voyage a velo et est maintenant quelque part en Chine. Son site internet est en lien dans "escapade asiatique" dans la rubrique "blog des copains".
Il agremente son voyage de visites dans les ecoles ou il demande aux enfant de dessiner une maison. Le principe est simple, mais il permet, apres echange ou publication des dessins de faire decouvrir aux enfants, par le biais de dessins d'autres enfants, les differences culutrelles d'un pays a l'autre. C'est un premier pas vers l'acceptation de l'autre et la comprehension des autres cultures.
Chris, mu par une soif de decuovrir intarissable a decide de prolonger son voyage (probablement jusqu'en 2015!) et de continuer ses visites dans les ecoles! Comme le bougre est plein d'idees, il a decide de finacer sa prochaine annee de voyage par la publication de calendriers 2013 (avec photos de son voyages et citations de son cru!). C'est vraiment quelqu'un que j'aime bien et je voulais lui donner un petit coup de main en publiant ce petit message. Si vous voulez aider Chris et avoir un calendrier sympa a la maison, n'hesitez pas, commandez un calendrier!
Vous pouvez le faire par l'intermediaire de son site http://www.allschoolproject.ch/

2) Elsa
J'ai rencontre Elsa par l'intermediaire de Remo a Benares en Inde. Elle revenait d'un voyage sac a dos de quelques mois au Nepal. Elle a passe beaucoup de temps dans un village en montagne. Curieuse, elle s'est interessee a la vie de vilage. Elle s'est integree a la vie villageoise et a commence a aprendre le nepali. Elle ya decouvert la-bas, que les femmes du village cousaient des jolis petits sacs en tissu, appeles "zola", que tout le mode porte la-bas. Elle a rapidement decouvert le potentiel de developpement qu'offraient ces "zola" pour le village. Elle a alors cree une association appellee "Mille Zola", qui a pour but de financer les besoins du village pour les soins medicaux ou encore l'education par le biais de la vente de sacs sur les marches environnants et en Europe. Elsa est actuellement en Turquie, ou j'ai eu plaisir de la revoir a Trabzon (et peut-etre se reverra-t-on a Istanbul) d'ou elle va s'envoler dans quelques semaines pour rejoindre son village d'adoption au Nepal.
Elsa est une jeune fille dynamique et pleine d'enthousiasme qui a decide de mettre toute son energie a aider les autres. Je suis vraiment admiratif.
Comme l'association est tres recente, elle n'a pas encore de site internet, mais si vous voulez donner un coup de main a Elsa vous pouvez la contacter par la page Facebook de son association http://www.facebook.com/MilleZola2012 ou par email millezola@gmail.com

Voila, je voulais juste vous faire part de ces deux projets et j'espere que vous leur reserverez bon accueil! Il va de soi que,si vous preferez, vous pouvez toujours me contacter par email, facebook ou en laissant un commentaire sur le blog. Je me ferai une joie de faire suivre vos requetes a qui de droit.
A bientot,
Yannik

Sinop, problem yok!

Salut a tous!
Quand je quitte Samsun, il pleut. Il y a plus agreable que de monter sur son velo au petit matin sous la pluie! Tant pis, je ferai avec. J'ai vraiment envie de rouler et de plus j'apercois au loin un coin de ciel moins noir. J'ai du plaisir a rouler, malgre le temps. De temps en temps, je m'arrete dans un cafe pour me rechauffer et boire un the. A chaque fois, c'est le meme scenario; quand j'entre dans le cafe, les discussions s'arretent, les joueurs de domino, de backgammon et de cartes abandonnent leur partie et tout le monde me souhaite la bienvenue, discute avec moi et bien sur, m'offre le the. J'adore la Turquie et ses habitants si curieux et hospitaliers!
Le soir, je me trouve une maison abandonnee pour y camper. Alors que la pluie redouble de violence, je suis bien entre ces quatre murs! J'ai campe plusieurs fois dans des maisons abandonnees, et le soir, c'est toujurs la meme chose, j'essaie de m'imaginer cet endroit plein de vie et je m'interroge sur les raisons de l'abandon.
Le lendemain, je repars pour rejoindre Sinop. La route promet d'etre difficile, apres avoir longe la mer, elle part dans les montagnes pour rejoindre a nouveau la mer par la suite.
Apres quelques kilometres, c'est la crevaison. Alors que je repare mon velo sur le bord de la route et sous la pluie, je constate que mon pneu arriere est dechire sur quelques centimetres! Bien sur, prevoyant comme je suis, je n'ai pas de pneu de rechange! J'intervertis les deux pneus dans l'espoir que, comme il ya moins de poids a l'avant, mon pneu va tenir. Mais apres vingt kilometres et trois crevaisons, je dois me rendre a l'evidence : je vais devoir trouver un autre moyen de locomotion pour rejoindre Sinop.
 Apres avoir pousse mon velo sur quelques kilometres, j'arrive dans un petit village, blotti dans les montagnes. J'ai espoir d'y trouver un vehicule pour rejoindre Sinop. Comme, en Turquie, tout se passe au cafe, je decide d'y aller. Une etrange athmosphere se degage de ce lieu et le brouillard et la boue renforcent ce sentiment : j'ai l'impression d'etre dans un village perdu au milieu des montagnes ou ses habitants vivent reclus et qu'ils n'ont jamais quitte leur village. Il m'apparait, a voir les tas de buches partout que leur seul souci est de couper assez de bois pour l'hiver! A ma table, "l'idiot du village" s'est assis. Une montagne de muscles avec un visage d'enfant. Il parait etre tres nerveux et ne repond pas a mes sourires. Je crois que c'est de la timidite. A quelques reprises, je le surprend a la derobee en train de sourire: je crois qu'il est heureux d'etre assis a ma table! Mon probleme de pneu devient le centre d'interet du village, plus rien d'autre n'existe!   Tout le monde met de la bonne volonte a m'aider a resoudre mon probleme et chacun y va de son idee. Mais apres une heure, la proposition la plus aboutie n'est pas franchement ideale : on me suggere d'attendre le bus pour Sinop qui devrait passer dans quelques heures, mais qui ne prend probablement pas les velos!
Je remercie tout le monde et prend conge. Je pousse mon velo en esperant qu'un vehicule s'arretera et m'emmenra a Sinop!
Deja a la sortie du village, une fourgonnette frigorifique s'arrete et quand je dis au chauffeur que je vais a Sinop, il me repond par un grand "Problem Yok!"(pas de problemes!). Je fais ainsi la connaissance d'Ali, qui livre des poissons et produits frais aux supermarches de la region. Le voyage est agreable, les paysages sont absolument magnifiques, je regrette quand meme un peu de ne pas etre sur mon velo! Ali me fournit regulierement en cafes et en cigarettes pendant que mon velo, derriere, est en train de se geler la selle au milieu des poissons! Quand nous approchons de Sinop, je demande a Ali s'il va au centre-ville. Il me repond..."Problem Yok!". Dans la ville, il s'arrete, demande quelque chose a un passant...et m'amene dans un atelier ou ils vont pouvoir changer mon pneu! En prenant conge, Ali s'excuse de ne pouvoir rester mais il a encore du travail! Incroyable Ali, incroyables Turcs! Merci encore! A l'atelier, apres les voeux de bienvenue habituels (!), on m'installe une chaise pres du poele, on m'amene du the et de quoi manger pendant qu'on s'occupe de ma roue!
Voila comme ca se passe pour moi en Turquie! La vie ici est vraiment "Problem Yok!"
A bientot,
Yannik

Retour en Turquie!

Salut a tous!

Nous quittons Batumi et roulons vers l'ouest et la Turquie! Meme si je regrette de ne pas avoir passe plus de temps en Georgie, je me rejouis enormement de revoir la Turquie, que j'avais tant adoree l'annee passee. Petite anecdote amusante, je rentre en Turquie un an jour pour jour apres l'avoir quittee!
Quel plaisir egalement de rouler avec Remo, cinq mois apres l'avoırt vu pour la derniere fois!
La premiere journee de velo est eprouvante, le vent ayant decide de freiner notre progresssion! Mais la joie d'etre la est plus forte que le vent! Et les premiers signes de l'accueil turc ne tardent pas et le premier the nous est offert a notre premier arret!
Le temps par contre ne s'arrange pas. Nous roulons le deuxieme jour toujours avec le vent de face. La pluie se joint a la fete et nous arrose toute la journee! Nous sommes heureux quand nous arrivons a Rize de trouver une chambre dans un hotel!
Le lendemain, nous arrivons a Trabzon. Nous nous separons, Remo devant prendre le bus pour rejoindre Elsa, une francaise rencontree en Inde. Le soir, alors que je sors manger, mon telephone sonne. C'est Remo, il ne part finalement pas a Istanbul, c'est Elsa qui vient a Trabzon. Nous passons trois jours tres sympa ensemble. Nous allons visiter le monastere de Sumela perche dans les montagnes a une soixantaine de kilometres de Trabzon, vraiment impressionnant. Et comme le soleil a fait son retour, nous apprecions vraiment ces quelques jours de repos!
Le jour du depart a sonne. Alors que nous nous appretons a partir, nous rencontrons un cycliste japonais,  Kenta, qui part , egalement dans la meme direction avant de bifurquer vers le sud et les montagnes pour rejoindre la Cappadoce. Nous roulons deux jours ensemble.
Lorsque nous arrivons a Samsun apres quatre jours de velo, Remo et moi nous separons. Lui, a rendez-vous en Cappadoce et va prendre le bus pour y aller, moi, je vais continuer la route longeant la Mer Noire. Nous avons prevu de nous retrouver a Safranbolu dans les montagnes dns une dizaine de jours pour ralier Istanbul ensemble.
A bientot,
Yannik

dimanche 18 novembre 2012

Batumi

Salut a tous!
Je quitte Tbilissi dans le but de rejoindre au plus vite la cote, Batumi...et peut-etre Remo!
A la sortie de Tbilissi, la route se transforme en autoroute! Mais, comme c'est la seule route, je l'emprunte. C'est agreable de rouler dessus, j'ai toute la bande d'arret d'urgence pour moi, une piste cyclable bien large en quelque sorte! Mais apres une cinquantaine de kilometres, l'autoroute redevient une nationale a une voie. Je n'ai plus beaucoup de place et la circulation est intense. Je n'ai vraiment aucun plaisir sur cette route! İl faut que je trouve une soution. Le soir, a Kashuri, je consulte la carte. Voila! Je decide de changer de route et d'aller vers Akhaltsikhe et de la, je vais traverser a travers les montagnes et m'offrir ce qui devrait etre mon dernier col a plus de 2000 metres!
Des les premiers kilometres, je sens que j'ai pris la bonne decision! Le trafic est nettement moins intense que la veille et la route suit une vallee en longeant une riviere. Le soleil est au rendez-vous et j'evolue dans un veritable decor de carte postale! Je traverse egalement des villages et echange des sourires! Je prends aussi le temps d'aller visiter une eglise. Je n'en visite qu'une, les eglises etant toutes perchees dans les montagnes alentour!
Bref, lorsque j'arrive a Akhaltsikhe, apres une journee de velo exceptionnelle, j'ai vraiment le sourire aux levres et je suis oblige de me demander pourquoi j'ai autant de chance de vivre ce que je vis! Je n'ai bien sur pas la reponse, mais c'est peut-etre mieux ainsi!
 Lorsque je me reveille le lendemain, changement de decor! La vallee est grise, le ciel est gris et il pleut! Je decide de me prendre une journee de repos et d'aller visiter les sites environnants en taxi! La pluie s'arrete et le brouillard semble jouer avec la montagne en se deplacant entre les sommets. Une ambiance presque mystique se degage des montagnes lorsque je visite le monastere de Sapara perche dans la montagne et entoure de forets. Un moment tres fort! Pour le coup, je ne regrette absolument pas le soleil!
Le lendemain, je repars sur mon velo en direction du col. Ca ne roule pas exactement comme je l'avais espere, je ne passerai pas le col aujourd'hui, mais je m'en accomode tres bien!
Je campe au pied du col et je l'attaque le lendemain. La route n'est pas tres bonne mais la montee se passe tres bien et j'ai enormement de plaisir a effectuer cette petite grimpette! Au sommet, l'euphorie se mele a une sorte de melancolie, c'etait mon dernier 2000!
J'arrive le lendemain a Batumi au bord de la mer Noire. Le lendemain, je m'apprete a mettre a jour le blog (si, si...) je vois debarquer ...Remo! Nous decidons de partir demain et de rouler ensemble jusqu'a Trabzon, en Turquie.
J'en ai maintenant fini avec la Gerorgie. Je n'y ai malheureusement pas passe autant de temps que j'aurais voulu, mais je pense bien y retrourner un jour! C'est vraiment un beau pays !

A bientot,
Yannik

dimanche 4 novembre 2012

Tbilissi

Salut a tous!

Le lendemain apres avoir quitte Sheki, j'arrive a la frontiere. Je suis emu de quitte l'Azerbaidjan. J'ai bien aime ce pays et je le quitte a regrets. Mais la Georgie m'attend, et je m'en rejouis!
Chose devenue incroyable pour moi, il n'y a pas de files interminables a la douane! Le passage sera fait en 10 minutes!
La route, en Georgie, traverse souvent des villages. Les hommes, assis sur des bancs, discutent ou jouent aux cartes en regardant passer les voitures (et le velo!). Les femmes assises sur des bancs discutent. Apparemment, tout le monde est dans la rue. C'est tres sympa. Je ne peux m'empecher de repenser a la Roumanie ou j'ai vecu a peu pres les memes scenes. Je suis interpelle souvent, je m'arrete parfois...La discussion s'engage en georgo-franco-anglo-russo gestuel! Bref, on se comprend a peine, mais on s'echange des sourires, et eux de leur cote et moi, du mien repartons heureux. C'est simple la vie parfois! Parfois, la pseudo-discussion est un peu plus poussee et je me laisse offrir le the!
Quand j'arrive a Tbilissi, je m'attends a voir une grande ville polluee, triste et sans vie du type sovietique comme j'en ai trop traversees. Et, la, surprise, c'est tout le ontraire. La ville est vivante, dans chaque quartier que je visite, j'ai beaucoup de plaisir a parcourir les ruelles ou tout le monde semble se onnaitre de la dame qui sort de la boutique de luxe a la petite vieille qui vent des graines de tournesol sur le trottoir! Quand je veux visiter une eglise par contre, je dois me resigner, elles sont bondees du matin au soir. Les gens ici, sont tres croyants et tout le monde va a l'eglise ou se signe en passant devant.
Bref, Tbilissi aura ete un grand bol d'air apres les grandes cites de type sovietique et les cites touristiques sans ame de l'Ouzbekistan.
A bientot,
Yannik

Sheki

Salut a tous!
Au depart de Bakou, cette fois, je ne me trompe pas de route! La route est toujours aussi vallonnee et je peine, affrontant aussi le vent de face! Mais, j'ai du plaisir et j'avance malgre tout dans ces paysages denudes que j'aime tant. Subitement, en haut d'une colline, je vois des arbres! Hormis dans les villes ou je suis passe, je ne me souviens pas de quand j'ai pu voir le dernier arbre! Ca fait des semaines! Je m'arrete, pose mon velo, et admire ces quelques arbres...un peu comme si c'etait la premiere fois que j'en voyais!
Quelques kilometres plus loin, le paysage change radicalement, je roule pendant des kilometres a travers la foret! Je redecouvre les joies de l'automne. La couleur des arbres, l'odeur de la terre mouillee, les champignons. Sur ma droite, se dessinent les contreforts de la chaine du Caucase. Voyant les nuages s'amonceler, je decide de m'arreter passer la nuit sous la terrasse abritee d'un restaurant ferme en pleine foret. Bien m'en prend! Je suis a peine installe quand la pluie commence a tomber et elle tombera toute la nuit! Ca fait partie de l'automne! Le lendemain, apres une montee interminable, j'arrive a Sheki. C'est un des quelques sites touristiques de l'Azerbaidjan. Je dors dans un carvanserail du XIXe siecle restaure en hotel! Je decide d'y rester un jour de plus, pour visiter le palais le lendemain et aller visiter le petit village de Kish et son eglise albanaise. Une fois de plus, j'ai de la chance! Les nuages ont completement disparu et je passe ma journee dans des sites interssants dans un decor de reve. Je dois etre un des seuls touristes dans la region et je me ballade a mon aise a travers les sites et villages environnant ou les locaux sont tres accueillants et par moments incredules qu'un etranger puisse s'interesser a leur village! Ca me change de l'Ouzbekistan et de ses villes touristiques et leur flots de car de touristes et d'echoppes de souvenirs! En fin de journee, je vais visiter le palais. Il n'est pas grand et n'est pas forcement tres impressionnant de l'exterieur, mais a l'interieur, quelle beaute! La lumiere du soleil couchant passe a travers les vitraux multicolores du palais donnant des lumieres feeriques dans les pieces. Seul bemol, je n'ai pas le droit de prendre de photos.
A bientot,
Yannik

mercredi 24 octobre 2012

Bakou, suite..et fin?

Salut a tous!
Mon velo etant en piteux etat, je decide de partir a la recherche d'un magasin de velo. J'ai vu qu'il y en avait un dans une autre partie de la ville. Je decouvre le metro et ses regles locales: pour avoir un billet, il faut d'abord acheter une carte pour l'equivalent de 3 francs au guichet, puis aller vers un distributeur, passer sa carte, et alors seulement, on peut s'acquitter du billet (env. 30 centimes). Certains locaux ont une carte (allez savoir pourquoi!), et chaque fois  que l'un d'eux se presente a un distributeur, plusieurs personnes (dont moi!) lui tendent env. 30 centimes pour le prix de la course et il credite sa carte et fait passer un par les presonnes au tourniquet...Je ne comprends toujours pas le systeme et n'arrive pas a savoir ce qui a pousse certaines personnes a s'acheter une carte! Quand j'arrive au magasin, le proprietaire m'assure qu'il avaient les pieces que je demande trois mois auparavant, mais que maintenant non, mais qu'il en aurait certainement au printemps!
Je tente deux-trois autres magasins, mais aucun n'a la chaine dont j'ai besoin!
De guerre lasse, je decide de rallier Tbilissi en train, de tenter ma chance la-bas, et si je n'ai pas plus de succes, de retourner a Geneve en avion, fin du voyage!
Je vais a la gare pour connaitre les horaires et tarifs et pour savoir si il y a une possibilite de transporter mon velo. Il y a un guichet reserve pour les touristes ou un employe parle anglais. Le guichet est ferme, l'employe est parti au lunch et personne ne sait quand il sera la! Je regarde la montre, il est 15h30! Je fais un tour et qund je reviens, miracle, l'employe est derrier son guichet! Il me donne les horaires, les prix et m'assure qu'il n'y a aucun probleme pour le velo! Cela valait la peine d'attendre! C'est decide, je pars demain soir! Alors que je rentre a la guest house, je rencontre un jeune homme avec qui je discute, et la, j'apprends avec stupefaction, qu'il y a un magasin de velo et qu'ils pourront me reparer ma bicyclette a coup sur! Je lui demane ou c'est et comment s'appelle le magasin: il me marque sur une carte "Velotrek" et m'indique la station de metro la plus proche. Quand j'arrive a la station de metro et demande ou se trouve le magasin de velo "Velotrek", les gens ne me comprennent pas! J'apprends par la suite, en passant devant que "Velotrek" signifie velodrome. Devant le velodrome qui a ete detruit, un gars et trois velos...Il me dit que le magasin c'est lui et qu'il pourra me reparer mon velo! Je suis incredule, mais j'accepte sa proposition et lui amene mon velo le lendemain matin. Tbilissi attendra!
Le lendemain quand j'arrive, il  se presente, c'est l'entraineur de l'equie nationale junior! Il m'emmene dans son "magasin". C'est une piece de 2.50 metres sur un metre! Quelques velos (dont des beux velos de courses) sont la. Les murs sont decores de diplomes de course. Il me debarasse la seule chaise disponible et me demande de patienter, le mecano n'est pas encore la. J'attends. Je vois debarquer un gamin de 13-14 ans, c'est lui le mecano! Il prends mon velo, sa caisse a outils et commence son travail...dans la rue sous un pont autoroutier! Le patron me sort la chaise que je puisse assister a la reparation confortablement installe! Je suis ebahi en regardant la dexterite du gamin. Le patron s'absente frequemment et revient avec des pieces Hi-Tech! Je suis abasourdi. Les reparations et nettoyage dureront quelques heures. Le patron m'apporte le the, les quidams s'arretent et discutent avec moi en gesticulant. Le plus grand fan de la reparation est le flic local, un petit moustachu rachitique et completement survolte qui revient toutes les cinq secondes voir si les reparations avancent et surtout si je vais bien! Moi, qui voulait de l'authentique, je suis en plein dedans, et a Bakou, qui plus est! Je repars avec un velo comme neuf!
Le lendemain, je quitte la guest house avec mon velo et mes bagages pour la gare, direction Tbilissi! Je vais enfin revoir Remo qui m'attend la-bas! Apres avoir, encore une fois!, dit au revoir a la patronne de la guest house, je m'elance avec mon velo a travers les rues de Bakou. Quand j'arrive a la gare, je vais directement au guichet reserve aux etrangers. L'employee est charmante (comme beaucoup de femmes en Azerbaidjan!). Malheureusement, elle m'apprend, apres avoir telephone pour verifier, que je ne peux pas prendre mon velo dans le train! Voila ou j'en suis. Il me reste deux possibilites, soit prendre le bus pour Tbilissi demain ou m'y rendre a velo en environ une semaine. Grosso modo, soit je rejoins Remo, soit je le laisse partir. A l'heure qu'il est, je n'en sais rien, mais la nuit porte conseil!
A bientot,
Yannik

Encore Bakou!

Salut a tous!
Quand on aime une ville, on a tendance a vouloir y retourner... Quand, par contre, on aime pas une ville, on a beucoup moins envie d'y revenir... Je n'aime pas trop Bakou, j'espere vous l'avoir fait ressentir dans mon dernier message, pourtant, j'y suis de nouveau!
Quand je quitte Bakou, j'ai deja vu revenir deux personnes a la guest house, qui croyaient l'avoir quitte definitivment! Une qui s'est fait vu refuser la sortie du territoire a l'aeroport parce que son visa etait echu, l'autre qui avait recu des informations erronnees quant au depart imminent du ferry pour le Kazakhstan (encore lui!). Je ne peux m'empecher de penser (avec un plaisir un poil sadique...) qu'un des avantages de voyager a velo, c'est qu'on n'est pas tributaire de quelqu'un d'autre!
Je pars le coeur leger, l'envie de pedaler est la! Bakou est une grande ville et je me perds un petit peu dans ces faubourgs, je rallonge mon itineraire de quelques quarante kilometres! Mais, une fois sorti de cette ville, j'apprecie de retrouver un peu d'authenticite. Dans les villges ou je m'arrete boire un the, les cafes sont pleins de joueurs de dominos et de backgammon, et tout le monde me regarde debarquer en faisant des yeux ronds et en m'assailant de questions (en azeri, bien sur!)
 La route n'est pas facile, je n'avais pas prevu de tels reliefs! Les  montagnes ne sont certes pas hautes, mais la route monte et descend sans cesse! Ce qui, cela va sans dire, ralentit ma progression. En quittant Bakou, je quitte aussi son climat, et, dans les montagnes, je regoute aux joies de la pluie! Mais, j'ai du plaisir de retrouver ces paysages de nature et ces petits villages. La nuit tombe quand je plante ma tente. J'ai de la chance, le ciel se decouvre et comme, desormais a l'accoutumee, j'ai droit a mes quelques etoiles filantes quotidiennes!
Le lendemain, la route n'est pas plus facile, au contraire, elle grimpe un peu plus. De plus, le vent s'est bien leve et ralentit ma progression. Meme mon velo semble donner des signes de faiblesse. Je sais qu'il est ensable de partout et que les roues sont voilees, mais il tiendra bien jusqu'a Tbilissi! A la tombbe de la nuit, je plante ma tente dans un champ, la lumiere est magnifique. Au petit matin, quatre gros chieiens me regardent prendre mon p'tit dej' sans s'occuper de leur troupeau! Je suis oblige de rire quand je vois les deux bergers courir dans tous les sens pour reunir leur troupeau alors que les chiens sont la, couches pres de moi, attendant un hypothetique bon geste de ma part! Finalement, les bergers auront quand meme le temps de venir me trouver, et comme nous ne sommes pas aptes a communiquer, nous echangeons quelques sourire qui se tranforment bientot en rires! La vie est delicieuse parfois...
Je pars. Enfin, j'essaie...Apres moins de 100 metres, ma chaine se tord et casse! Impossible de reparer! Je decide de rejoindre la route principale, d'aller a la prochaine ville et d'y prendre le prochain train pour Tbilissi. Je regarde une derniere fois ma carte, et vois que le train ne passe par la! Je decide, bien contre mon gre de retourner a Bakou et a la guest house! Je fais du stop et la premiere voiture s'arrete. Il faut savoir, qu'ici, comme en Asie Centrale, toute voiture est un taxi inofficel et que tous le conducteurs s'arretent pour arrondir leur fin de mois! Apres une heure dans une vieille Lada, je me retrouve a la case depart!

jeudi 18 octobre 2012

Bakou

Salut a tous!
Ca y est, j'ai traverse la Caspienne! Et cerise sur le gateau, l'Azerbaidjan est le premier pays depuis longtemps ou il n'y a pas besoin de s'enregistrer...Je me croirais presque en vacances...
Apres une semaine d'attente a Aktau, lorsque j'apprends que le bateau est enfin pret a traverser, je me rends au port ou j'attends encore quelque heures. Puis c'est le depart au coucher du soleil, c'est beau...
Le lendemain soir, on arrive a Bakou. Personne ne connait la guest house ou je vais, mais les gens essaient de m'aider autant qu'ils le peuvent et finalement apres trois heures de recherches, je trouve la guest house.
Le lendemain, je visite Bakou. C'est une ville incroyablement riche. Les grands boulevards, les grands hotels, les boutiques de luxes, les 4x4, tout y est! Les prix sont egalements excessivement eleves. On m'avait averti que c'etait cher et luxueux, mais franchement, je n'aurais jamais pense a ce point. C'est vraiment la vitrine de l'Azerbaidjan et de ses richesse (gaz, petrole). Je ressens un peu la meme chose que lorsque  j'ai debarque du ferry a Dubai, en provenance de l'Iran. Si c'est comme ca, a chaque fois que je prends le ferry, je ne veux plus le prendre! Certes, on trouve des coins, ou des anciens azeris installent une table a l'ombre d'un arbre et y jouent bruyamment au backgammon, mais ils ne sont largement plus majoritaires, pourtant c'est l'Azerbaidjan que je veux trouver! Demain, je quitte Bakou a la recherche d'un Azerbaidjan plus authentique!  Et si je ne le trouve pas, c'est sur je trouverai plus d'authenticite en Georgie!

A bientot,
Yannik

vendredi 12 octobre 2012

Aktau, l'attente

Salut a tous!

Je suis maintenant a Aktau au bord de la Mer Caspienne ou j'attends...l'hypothetique ferry qui me menera a Bakou en Azerbaidjan.
Je savais que je devais me preparer a attendre ce ferry, il ne part que quand il est plein! Quand je me suis rendu a l'agence de voyage qui vend les billets on m'a du reste averti : "Vous savez qu'il n'y a pas d'horaires, que le ferry peut partir demain comme dans une semaine voire plus ?" Je dis que je sais et que j'attendrai. L'employe met mon nom sur une liste d'attente. Il me fait le decompte des ferrys partis pour Bakou lors des trois derniers mois : Un en aout (!), trois en septembre et deja deux en octobre. Il me fera signe quand il aura des nouvelles : "en general, il nous avertissent une dizaine d'heures avant le depart, mais la derniere fois, c'etait une heure avant le depart!". Moi, qui voulais eventuellement me faire des petites excursions dans la region, c'est rape! Mais, d'un autre cote, ca me plait, en voyage, rien n'est jamais sur.

A bientot,
Yannik

Desert, deuxieme partie

Salut a tous!
Alors que je quitte Noukous, je suis un peu perturbe. Vais-je y ariiver ? Si j'ai beucoup aime le desert et j'ai hate d'y retourner, je sais que mon visa ouzbek touche bientot a sa fin et que mon enregistrement a Noukous (prolonge...contre quelques dollars) me vaudrait des problemes en cas de problemes avec la police lors d'un controle.
Je pars avec un magnifique vent favorable et j'avale les kilometres sur une bonne route! Bien que le paysages ne soit pas des plus spectaculaires, j'ai beaucoup de plaisir a y evoluer. Tout est plat ici et monotone mais au moins j'avance. Les campements le soir sont toujours aussi magnifiques et silencieux! Seul bemol, il est absolument fatiguant d'avoir en premanence pendant six ou sept heures de velo, des dizaines de mouches autour de la figure! Mais l'avantage, elles m'offrent un peu de distraction et je me lance dans un grand jeu qui durera plusieurs jours : la chasse aux mouches en roulant!
Pour les controles de police, le premier s'est bien passe : les policiers etaient plus occupes a savoir d'ou je venais et a m'offrir du raisin qu'a controler mon enregistrement. Lorsque j'arrive au deuxieme, qui est situe au carrrefour qui mene a une petite ville ou je souhaite m'arreter pour faire le plein d'eau, je constate que les policiers sont dans leur guerite avec les passagers d'un bus. Tant pis pour l'eau, je ferai sans encore un jour! Je passe le barrage.
Au bout de quelques jours, j'arrive a la frontiere. J'ai reussi! Je ne suis pas peu fier de moi : 1800 km en un mois a travers l'Ouzbekistan en prenant le temps de visiter Samarcande, Boukhara et Khiva!
Le controle a la douane ouzbeke (alors que je quitte le pays!) me prend deux heures, mais je passe! A moi le Kazakhstan!
A la douane kazakhe, un officier me prend sous son aile et me montre le batiment ou je dois faire le controle de mon passeport, je prends place dans la file. Je discute un peu avec les autres personnes dont un Azeri qui est particulierement fier que j'aille dans son pays par la suite. Apres une heure, je n'ai pas avancer d'un pouce dans la queue. Je me dis que c'est quand meme un peu long pour un controle de passeport et je sor fumer une cigarette. L'officer me voit et me demande si c'est bon pour mon controle de passeport. J'essaie de lui faire comprendre que c'est long et que ce n'est pas encore bon. La, il pique la mouche et me demande de le suivre : nous depassons toute la queue ce qui me rends mal a l'aise, mais plutot que d'etre jaloux, les gens dans la queue sont contents pour moi. On arrive aux guichets; je constate qu'il n'y a aucun douanier! Cela fait une heure qu'on attend et qu'il n'y a personne, si ce n'est un jeune douanier qui nous remet a l'ordre quand la queue se defait! L'officier appelle un douanier et cinq minutes plus tard je suis au Kazakhstan!
Apres la douane, je me mets en quete d'un endroit pour changer mes soums ouzbeks en tenge kazakhs. Impossible, pas de bureau de change, pas de changeurs au noir! Je me lance alors dans un nouveau metier pour moi : changeur au noir! Avec mes trois mots de russe, je vais voir les routiers ou passagers de bus qui se rendent en Ouzbekistan pour changer mes soums! Ca me prendra une heure, et si je ne fais pas d'affaire, je ne suis pas perdants: je n'ai plus de soums ouzbeks et j'ai quelques tenge kazakhs! Maintenant, je peux anouveau rouler!
Quand j'arrive a Beyneu, le lendemain, je suis heureux. Je dois aller a la police pour m'enregistrer (on doit s'enregister dans les 5 jours suivants l'entree au Kazakhstan) et apres je chercherai un hotel ou je passerai une bonne nuit avant d'attaque les 500 derniers kilometres de desert avant Aktau et la Mer Caspienne. Tous les voyageurs rencontres qui ont fait cette route m'ont dit la meme chose : C'est super difficile, il n'y a pas vraiment de route c'est plutot une piste en sable durci et il ya beaucoup de camions, donc beaucoup de poussiere. Mais, je me sens pret a affronter cette "route", je me rejouis meme! Mais quand j'arrive au poste de police a Beyneu pour l'enregistrement, je dois dechanter : l'officier me dit que ce n'est pas possible, que je ne peux m'enregistrer qu'a Aktau. J'essaie de lui expliquer que je suis a velo, que je ne peux pas faire 500 km en trois jours, etc... Rien n'y fait, il me dit que c'est impossible. Je me fache quand je le vois faire un enregistrement pour un Ouzbek en 2 minutes chrono en main! Mais, pour moi, c'est impossible! De guerre lasse j'abandonne et me rends a la gare pour prendre un billet pour Aktau. Et la, au guichet, rien ne semble s'arranger pour moi : l'employe me fait comprendre que je ne peux pas prendre mon velo dans le train! Une situation kafkaienne dont je serai sorti par une balayeuse de la gare qui connait quelqu'un qui parle anglais a la gare d'Aktau, qui l'appelle... et tout s'arrange, j'embarque le soir meme dans le train et mon velo aussi...

A bientot,
Yannik

Noukous

Salut a tous!
Noukous, ca ne vous dit rien ? C'est normal, moi non plus avant... Cette ville situee dans une region desolee ne vaut pas la peine d'etre visitee. Elle ne recele aucune merveille architecturale et est semblables a de nombreuses autres villes de l'ex Union Sovietique avec ses bouevards gigantesques et ses batiments demesures. Sans oublier les monuments et statues qui fleurissent un peu partout.
Mais Noukous survit et attire des touristes occidentaux. Pourquoi ? Parce qu'elle n'est situee pas tres loin de l'ex Mer d'Aral mais surtout grace a un homme : Igor Savitsky. Peintre, en charge du musee d'art local pendant les annees sovietiques, il a accumule nombre de toiles de peintres sovietiques des annes de l'Union, meme, voire surtout, des peintres interdits, et a ainsi preserve beaucoup de peintures et sculptures qui auraient ete perdues a jamais.
J'ai eu beaucoup de plaisir a visiter ce musee et je voulais le faire partager.
Encore bravo et merci, Monsieur Savitsky!

A bientot,
Yannik

Khiva

Salut a tous!
Il y a six ans (deja!), lorsque nous avions traverse l'Ouzbekistan avec Je et Lex, j'avais vu des photos de Khiva et je m'etais promis d'y aller. Alors quand j'arrive dans cette ville en 2012, cela me fait quelque chose!
Je flane dans les ruelles de la vieille ville. Je pense souvent a Yazd (en Iran) en me promenant dans cette ville,  construite principalement en adobe. Elle est entouree d'une muraille (en adobe egalement). Les sites sont moins impressionnants qu'a Samarcande ou Boukhara, mais ils sont tous situes au meme endroit et font de la vieille ville un endroit tres plaisant a visiter, meme si, comme sur tous les sites touristiques en Ouzbekistan, les echoppes de souvenirs ont envahi chaque niche de medrese ou chaque recoin de mosquee. La vieille ville est egalement habitee de quelques 4000 personnes, des lors, des qu'on quitte les principaux sites touristiques, on se retrouve plonge quelque peu dans la ville locale.
Mais rien ne vaut, de deambuler dans le bazar, qui comme partout en Asie Centrale est le veritable coeur de la ville. La, je me retrouve vraiment plonge dans la vie locale. Tout le monde vient ici faire ses achats et plus...On discute de tout et de rien, on rit, on s'engueule, on discute les prix... Quel plaisir de marcher entre les stands, de se muer en simple spectacteur de la vie qui se deroule autour de soi.
Je vais egalement deux fois au cinema en plein air, au milieu de la vieille ville ou ils projettent des films ouzbeks des annees 40 sous-titres en anglais. Les films sont simplistes et les sous-titres folkloriques (je defie  quiconque, meme un anglophone, de lire quatre lignes de sous-titres en moins d'une seconde!), mais c'est un reel bonheur d'etre la et de pouvoir s'immiscer un peu plus dans la culture locale.
Je vais voir (avec trois autres touristes) en taxi (!) les vestiges de forteresses, datant de plus d'un millenaire, en adobe dans les desert alentour. Malgre que je regrette de ne pas etre venu a velo et de ne pas rester pour la nuit ici, je suis reellement impressionne par la resistance de ces vestiges aux epreuves du temps. Pour moi, il est inconcevable que des batiments batis en boue puissent resister aussi longtemps. Ma pensee s'egare dans ces lieux en contemplant le desert environnant, et je me demande contre qui, contre quoi ces forteresses etaient baties, il n'y a rien autour! Je pense aussitot au "Desert des Tartares" de Buzzati et a son heros qui passe sa vie a faire la sentinnelle depuis sa forteresse deserte dans l'espoir de pouvoir la defendre un jour contre un hypothetique envahisseur...
Avant de vous laisser, parce que je vois que je me suis legerement egare, je voulais encore juste vous dire qu'un coucher de soleli sur Khiva vaut tout l'or du monde, c'est une pure merveille quand les remparts se teintent d'orange et quand vous montez sur la tour ouest des remparts et vous admirez la vieille ville.

A bientot,
Yannik

Desert

Salut a tous!
Je quitte Boukhara avec une forte envie de rouler, comme a chaque fois apres plusieurs jours de repos. Mais, cette fois, se mele a cette envie, la crainte. La crainte de traverser le desert. Que vais-je trouver dans ces paysages inhospitaliers, ou la vie semble se resumer a quelques buissons et quelques petites betes...
La premiere journee se passe bien, la route est bonne et plate, le vent est quasiment nul. A ma droite, du sable, a ma gauche...du sable.
Des la deuxieme journee, je dois dechanter. La route est criblee de nids de poule (quand il reste de l'asphalte!) et le vent a la mauvaise idee de se lever, et comme trop souvent, il souffle de face. La route si plate hier, n'est qu'une succession de courtes montees et descentes. Le vent m'asseche la gorge et de nombreuses mouches viennent me dire bonjour! Je ne le sais pas encore (et heureusement!), mais je vais devoir faire avec ces elements jusqu'a Khiva, ou presque.
Le voyage a velo n'est pas toujours une partie de plaisir, mais si tout etait facile, ce serait lassant!
La presence de villages, tous les cinquante ou soixante kilometres (en moyenne) me motive a avancer. Je me rejouis toujours de m'arreter et de manger quelques chose et de boire quelque chose de frais. Mais, a chaque bouiboui ou je m'arrete on me propose inmanquablement et exclusivement de la soupe ou du the! Il fait plus de 30 degres, j'ai vraiment envie d'autre chose!
Si les journees sont harassantes, les soirees et nuits sont extraordinaires! Quel plaisir de planter sa tente dans ces endroits desoles ou les silence regne en maitre. Le soir, apres s'etre teinte d'orange vif au coucher du soleil, le ciel s'illumine de milliers d'etoiles! Si c'est pas du bonheur, ca???

Je m'arrete dans une epicerie au bord de la route acheter un peu d'eau. Je m'assieds avec le proprietaire et nous bavardons autour d'un...the, evidemment! Il me pose une question qui semble le travailler : " C'est vrai qu'en Europe, il y a beaucoup de maisons et que dans les villes, il ya des immeubles ou des centaines de gens vivent ?" J'aquiesce. Il reste incredule, son plus proche voisin vit a plus d'un kilometre! Un autre monde...

En approchant d'Ourgentch, le paysage change radicalement. Le desert s'arrete net et laisse sa place a un paysage de verdure et a des champs cultives. Je suis proche du fleuve Amou-Daria et la region est drainee par des nombreux canaux, principalement destines au champs de coton. Alors que je me demandais la nuit passee si l'automne avait commence, j'ai la reponse aujourd'hui; les peupliers et certains autres arbres sont jaunes. Bien que je me sente bien dans cette oasis de verdure, veritable pays de cocagne apres le desert, j'ai un certain sentiment de malaise. Ce reseau de canaux a contribue a l'une des plus grandes catastrophes ecologiques du XXeme siecle : l'assechement de la mer d'Aral.

A bientot
Yannik

samedi 22 septembre 2012

Boukhara

Salut a tous!
A Samarcande, des touristes tcheques m'avaient recommande une guest house a Boukhara. Chez Moubinjon. Quand j'arrive au centre de Boukhara, apres quelques jours de velo sans grand interet, je me renseigne. Apparemment, tout le monde connait Moubinjon! Un homme se propose a m'amener a la guest house. Il m'avertit que Moubinjon est particulier et qu'il n'est pas toujours facile! Lorsque nous arrivons a la guest house, je decouvre un homme d'un age certain qui m'accueille a bras ouverts. Il m'avertit, cependant, qu'il n'y pas forcement le petit dejeuner inclus (ca a l'air de dependre de son humeur...), qu'il n'y pas de douche etc. Le personnage me plait, je decide de rester. Je decouvre un personnage attachant avec qui je partage quelques moment complices. Je me sens chez lui, comme chez moi! Nous partageons des moments de franche rigolade avec lui et Sacha un Ouzbek de passage a Boukhara. C'est tres sympa!
Je passe mes journees, a arpenter les sites historiques de Boukhara, ou a me reposer a la guest house, c'est fou comme la vie de voyage peut etre stressante par moments!
La ville de Boukhara compte des monuments absolument splendides, des pures merveilles. Contrairement a Samarcande, le centre historique n'est pas un ''bunker a touristes''. La vie locale, bien qu'echoppes et hotels y soient nombreux, semble y avoir garder ses droits. C'est quand meme plus agreable de se promener dans des sites historiques ou on entend crier les enfants et ou on voit discuter les viellards, par exemple, plutot que de se ballader dans des sites sans ambiance. De plus, le centre historique de Boukhara est beaucoup plus compact qu'a Samarcande, ce qui le rend plus agreable a visiter. J'ai un reel coup de coeur pour Boukhara.
Bref, je coule des jours paisibles et heureux ici, a Boukhara ou je prends des forces pour la traversee du desert qui va me mener dans un premier temps a Khiva, puis a la frontiere kazakhe.
Je vous laisse, je dois aller au hamam (avec un petit massage...), quand je vous dis que c'est le stress...

A bientot,
Yannik

Samarcande

Salut a tous!
Je quitte Douchanbe, la route suit une plaine, qui, sans etre extraordinaire, n'est pas deplaisante. Je campe une derniere fois sur le sol tadjik.
Le lendemain, je me reveille sans difficulte en pensant qu'aujourd'hui je serai en Ouzbekistan, pays que j'avais adore il y a six ans. Je garde le souvenir d'un pays assez plat, assez monotone avec des champs de coton partout, mais surtout, je me souviens des terrasses des chaikhanas (maisons de the) ombragees au bord d'un canal, ou il fait bon se prelasser un moment. Je me rappelle egalement de l'accueil si chaleureux des Ouzbeks, du plov (plat national a base de riz, de carottes et de viande de mouton agremente d'une bose dose...d'huile (de coton, bien sur...)! Un regal! Et il a aussi ses villes : Boukhara et surtout Samarcande!
Les echos que j'ai eus d'autres voyageurs sont diametralement opposes a mes souvenirs! Ils font surtout etat d'un etat policier et d'une Samarcande defiguree! Voila qui est curieux...
A la douane, force est de constater que les informations que j'avais recues ne sont pas fausses! Pour la premiere fois de mon voyage, mes sacoches sont fouillees de fond en comble! Ca commence bien!
Apres la douane, je change cent dollars. Je me retrouve avec 270'000 soums ouzbeks. Le probleme, c'est que la plus grosse coupure est de 1000 soums! Il va falloir trouver une astuce pour stocker ces liasses de billets! Le spectacle est du reste cocasse, quand  vous voyez tous ces changeurs au noir se ballader avec des sacs plastiques remplis de billets!
Une fois que je reprends la route, je retrouve l'Ouzbekistan que je connaissais. La route file droit a travers les champs de coton. Des cueilleuses de coton, picniquant a l'ombre d'un murier, m'invitent a partager leur repas. Des vendeurs de melon m'appellent pour m'offrir un fruit. Des hommes, sur la terrasse d'une chaikhana, m'apostrophent pour m'offrir le the. Des gamins arretent de jouer pour me lancer des grands ''Hello!'' d'une gaiete toute enfantine. Une voiture s'arrete. Un homme en sort me tendant un litre de the, du raisin...et de l'argent! Une premiere journee qui me fait vite oublier les quelques tracas douaniers! Je pedale, un sourire beat aux levres. Je suis heureux, j'ai retrouve MON Ouzbekistan!
La suite de la route qui mene a Samarcande est plus compliquee. Pendant quatre jours, je ne fais que monter et descendre a travers des montagnes arides. Le paysage me plait, mais la route est difficile et elle est ponctuee de quelques controles de police.
A Chakhrisabz, a une petite centaine de kilometres au sud de Samarcande, je visite quelques sites historiques interessants sont le mausolee qu'Amir Timur s'est fait construire (il aura la facheuse idee de mourir en plein hiver a Samarcande et le col entre les deux villes etant inpraticable, il sera finalement enterre a Samarcande). Ca fait du bien de visiter des sites historiques, les premiers depuis le Taj Mahal, il y a plus de trois mois! La guest house ou je loge est un veritable havre de paix et le grand-pere de la famille, un hote exceptionnel!
J'arrive a Samarcande par un dedale de ruelles ou la vie bat son plein! Les anciens, assis sur des bancs, palabrent. Les enfants jouent au football ou me courent apres avec de grands eclats de rire contagieux! Je me sens bien ici, j'ai retrouve MA Samarcande! Enfin, c'est ce que je crois... Depuis ma derniere visite, une partie de cette ville pleine de ruelles et de vie, si plaisante, a ete rasee pour laisser place, vers le Registan, a des immeubles sans charme ou s'entassent boutiques et hotels. Une gigantesque esplanade de type sovietique y a vu egalement le jour. Je suis abasourdi.
Heureusement, les monuments tels que le Registan ou la mosquee Bibi Khanoum (pour ne citer qu ces deux-la ) sont toujours aussi impressionnants et je me regale du matin au soir a trainer mes savates dans tous ces sites charges d'histoire. Ces moments sont vraiments intenses.
Apres trois jours de visites, le moment est venu de quitter cette legendaire cite de la route de la Soie. Direction Boukhara.
A bientot,
Yannik

mercredi 5 septembre 2012

Douchanbe

Salut a tous!
Voila maintenant quelques jours que j'ai quitte le Kirghizstan (le bon cote, c'est que je n'aurai plus a l'ecrire...). Ces six semaines passees dans ce pays, apres mes mesaventures du debut, m'auront laisse un souvenir imperissable. Je garde en souvenir ces paysages de montagnes parfois sublimes, ces ciels constelles d'etoiles la nuit, la gentillesse des gens qui te sourient instantenement et t'offrent spontanement le the ou quelques fruits. Par-dessus tout, j'ai adore voir ces hommes, femmes ou enfants vivant en complete harmonie avec la nature sans essayer de l'apprivoiser. L'amour qu'ils portent a leur environnement et le plaisir qu'ils ont de vivre la, auront ete pour moi une vrai bouffee d'oxygene.
La route d'Och a Sary Tash est difficile et je le sais, je l'ai deja fait il y a six ans! (petite note pour les frangins Bouchardy : la route est maintenant goudronnee!). Apres une belle premiere journee de velo avec un col a 2400m, j'enchaine le lendemain par une centaine de kilometres me menant au pied du deuxieme col (culminant a plus de 3600m!). La j'essaie de trouver un endroit a l'abri du vent pour planter la tente. Je trouve refuge dans une etable dans un village. Bien m'en prend, car, a la tombee de la nuit, un orage violent eclate et il durera toute la nuit. Le seul bemol de cet endroit est qu'il est a cote d'une maison et que le petit dernier de la famille, Sultan, 4 ans, s'est decouvert une passion pour les pates que je me suis prepare et engloutira une bonne moitie de mon repas!
Le lendemain, je franchis, sous le soleil revenu, mon dernier col kirghize a 3630m. Profitant du vent soufflant dans mon dos, je decide de m'approcher un peu du Tadjikistan et m'arrete a Sary Moghul, 50 km apres le col. La route est magnifique et longe par le nord la chaine du Pamir. Il est des jours ou faire du velo est plus facile que d'autres, et celui-la en est assurement un!
A Sary Moghul, je decide, le lendemain,apres avoir laisse mes afffaires dans une guest house, de monter a velo par une piste vers le camp de base du Pic Lenine a 3400 metres. Je ne me reconnais plus, a peine sorti des montagnes, j'y retourne aussitot! Je me perds sur une des nombreuses pistes. Un vieillard m'accueille dans la yourte ou il vit durant l'ete avec sa femme et ses petits-enfants. J'aurai le droit a l'habituel Chai, a de la creme de yack et du fromage de chevre avant qu'il me ramene sur un sentier menant vers le camp de base.
L'endroit, compose de pettis lacs avec les montagnes en toile de fond semble joli, mais malheureusement, les nuages masquent une bonne partie du Pic Lenine. Je decide de passer la nuit dans une yourte amenagee pour les touristes. La encore, je fais le bon choix, le ciel se decouvrant le lendemain matin me laissant decouvrir un paysage splendide.
Lorsque je reprends la route depuis Sary Moghul vers le Tadjikistan et Duchanbe, le vent a tourne. Les paysages sont toujours aussi beaux et comme sur les 500 prochains kilometres je descends de 3000 metres a 750 metres, le vent de face n'est pas trop penible.
Je decouvre avec plaisir les petits villages du Tadjikistan, blottis au pied des montagnes et entoures de forets de peupliers. Dans ce paysage aride, chaque point d'eau ou petit ruisseau est immanquablement signale par les taches sombres des arbres qui y poussent. Je sais aussi que la se cache un village. Et, a chaque village, je suis poursuivi par des nuees d'enfants me saluant en me criant des "Hello!" a tue-tete. Chaque adulte me salue egalement. Plus qu'en me faisant un signe de main a l'occidentale, ils portent simplement leur main droite a leur coeur. J'aime beaucoup ce geste. J'aime aussi beucoup regarder ces vieillards avec leur barbes, leur calotte et leur tunique discutant a l'ombre d'un arbre. Des femmes discutent dans leur robes colorees, leur foulard attache sur la tete. Tout me parait tellement paisible. J'aime ces moments ou je decouvre une nouvelle culture, ou je prends du temps a observer ce qui m'entoure.
En voyant ces changements de culture, je remarque egalement que mon retour s'approche, et ca, ca me fait vraiment bizarre...
A bientot,
Yannik

jeudi 16 août 2012

Jalalabad

Salut a tous!

Je commence par la grande nouvelle : Vous vous en etes probablement deja apercu, des nouvelles photos sont disponibles!
Je vous avais laisse alors que j'etais de retour a Bichkek. Depuis lors, tout s'est extrement bien passe, plus de perte, de vol ou de casse! De retour a Kochkor,  je prends la route qui mene a Kyzart passant un insignifant col a 2600 metres!!! La route est extremement bonne - enfin, pour le Kirgizstan, ca veut juste dire qu'elle est recouverte d'un bitume hors d'age!- et les kilometres s'enchainent assez rapidement. Je rencontre en route un couple de cyclistes valaisans, Marie et Emmanuel qui ont la gentillesse de m'offrir une biere. Comme toujours entre cyclistes, nous bavardons velo et echangeons nos conseils et suggestions d'itineraires. Bref, un moment sympa.
Le lendemain, je m'attaque a l'ascension du col qui doit me mener au lac Song Kol. Des que je quitte le village de Kyzart, je me retrouve completement seul...comme souvent dans les montagnes kirgizes. Les paysages sont jolis et la montee n'est pas trop dure, la progression se fait tout en douceur...sur la premiere partie! En effet, la piste ayant ete detruite par les intemperies, les indigenes en ont trace une nouvelle, mais franchement un peu trop directe pour le modeste cycliste que je suis! Il me faudra deux jours, dont beaucoup d'heures a pousser le velo, pour atteindre le sommet. Mais, le jeu en vaut la chandelle! Le lac Song Kol est une pure merveille et le soleil est eu rendez-vous! J'y fais la connaissance d'Isabel et Gerard un couple de randonneurs parisiens avec qui je passe de bons moments (et que j'aurai la chance de rencontrer a nouveau plus tard).
La descente vers Naryn  se deroule a merveille  et je rencontre encore des cyclistes, Cathy et Sebastien, avec qui j'attendrai un bon moment que le vent se calme!
Si je vous raconte toutes ces rencontres, c'est qu'elles me font toutes du bien, et que toutes ces peronnes m'ont apporte, chacune a sa maniere, un peu d'energie a un moment ou je souffre parfois un peu de solitude dans les montagnes!
A Naryn, quand je prends la route de Jalalabad, je sais que j'ai quelques 400 km a parcourir dont 300 de piste et deux cols a franchir.
La route est asphaltee jusqu'a Ak Tal, puis l'aventure commence.. Apres quelques kilometres, alors que la piste est quasiment plate et que je n'ai pas encore atteint le pied du premier col, le doute s'installe...Je ne vais jamais y arriver si la piste est toujours aussi pourrie...Et la, par enchantement, la piste devient meilleure et le plaisir de rouler est a nouveau la, et ne me quittera pas durant cette semaine! Certes, les paysages ne sont pas forcement les plus beaux ou les plus spectaculaires du Kirgizstan, mais je m'y sens bien.
J'adore, alors que je roule dans ces montagnes, ces gosses kirgizes, avec leur tetes toutes rondes et leures pommettes rougies par le soleil, courir depuis la yourte pour te saluer au bord de la route. J'adore ces hommes et femmes, qui t'invitent a boire le chai dans leur yourte ( et au Kirghizstan, le chai est toujours accompagne de pain, de confitures extraordinaires de gras de mouton etc...). J'adore voir ces gens vivant l'espace d'un ete avec leurs betes dans les hautes montagnes. Pour moi, au Kirghizstan, peut-etre plus qu'ailleurs, je ressens l'amour des hommes pour la nature.
Bref, des moments tres forts.

A bientot,
Yannik

PS : Pour mes amis footeux, sur une des photos, un homme porte la casquette d'un grand club. L'avez-vous reconnu??? J'etais assez fier de prendre cette photo...

lundi 30 juillet 2012

Bichkek, retour non prevu

Salut a tous!
Je viens de vivre une semaine un tout petit peu speciale...Je pourrais meme la qualifier de catastrophique materiellement parlant. J'ai perdu ou me suis fait voler durant ces quelques jours : mon porte-monnaie avec 500 dollars, mes cles usb contenant mes photos de l'Inde, mes chaussures de velo et mon appareil photo avec 500 photos du Kirghizstan. J'ai egalement casse mon rechaud et mon porte-bagages! Voila ce qui explique mon retour a Bichkek, je suis la pour me racheter un appareil photo .
Cette semaine aura ete surtout pour moi, ma premiere semaine dans les montagnes kirghizes. Enfin!!! Et ca aura ete une semaine de reve! Apres avoir pris une piste partant des bords du lac Issyk-Kul, je commence a penetrer dans la montagne. Je traverse un defile, et devant moi, s'ouvre un magnifique cirque de montagnes, avec en contrebas des paturages d'un vert tendre ou serpente une petite riviere. Je campe ici et pense pouvoir passer le col qui permet de passer vers la vallee suivante le lendemain. Je commence a grimper, la piste n'est pas trop mauvaise, les paysages magnifiques! Plus la piste monte, plus la piste devient cahoteuse, et surtout, le souffle devient plus court. Pour la premiere fois de mon voyage, je me retrouve a plus de 3000 metres d'altitude. En fin de journee, je dois me resigner a camper une deuxieme fois avant de pouvoir passer le col...Mais, franchement, camper dans des paysages comme ca, est un reel plaisir! Le lendemain, je repars pour les derniers kilometres d'ascension. Il me faut trois heures pour parcourir les deux derniers kilometres de montee, la piste est vraiment tres mauvaise maintenant, je ne peux plus pedaler, je suis oblige de pousser mon velo sur cette piste tenant plus du pierrier que de la route! Je passe enfin mon premier vrai col kirghize a 3890 metres! Dans cette ascension, j'aurai aussi decouvert qu'il faudra faire avec le temps capricieux des montagnes kirghizes! Les journees ne sont plus que successions d'averses (courtes, mais parfois violentes!) et d'eclaircies. Par la suite, je suis dans une vallee ou la piste longe la riviere. La vallee est d'un vert tendre, et le soleil, jouant a cache-cache avec les nuages, donne parfois des teintes magiques a ces paysages. Le lendemain, au petit matin, alors que je suis encore dans ma tente, je sens des pas faire vibrer quelque peu le sol autour de ma tente et j'entends une sorte de leger grognement... Je sors ma tete de la tente, et remarque que le paturage autour de ma tente a ete investi par un troupeau d'une cinquantaine de yacks!
Je repars le lendemain a travers ces paysages magnifique pour arriver enfin a un petit village, le premier que je vois depuis cinq jours. Il y a un petit magasin, j'en profite pour acheter quelques vivres. A vrai dire, il n'y a pas grand chose dans ce magasin, quelques bouteilles de vodka, deux-trois paquets de cigarettes, des pates et quelques bonbons...Le commerce semble etre plutot un garde-manger commun, chaque famille du village semble posseder la cle du magasin et note a chaque fois, ce qu'elle prend dans un petit cahier...
Alors que je sors du magasin, un orage eclate... et dure...Comme il est deja tard, je campe dans le magasin, mes nouveaux voisins se relayant pour venir discuter un peu avec moi et m'apporter des petits quelques choses a manger ou du the. Un moment tres sympa.
Le jour suivant, je reprends la route. Les paysages sont toujours auusi beau et la piste est en bon etat. Je me suis fait a l'altitude et prends vraiment plaisir a pedaler dans ces paysages verdoyants. Je pense pouvoir passer le col suivant (3400 m) dans la journee. Subitement, le vent se leve. Ma progression devient nettement plus difficile et le ciel s'assombrit devant moi. Je pense a nouveau que ce sera une petite averse et continue ma route en direction de ces nuages menacants. Alors que je suis en debut d'apres-midi, il fait maintenant nuit! La pluie violente n'est plus qu'un souvenir, je dois a present affronter un gros orage de grele! Je fais demi-tour et trouve refuge dans une yourte.
L'accueil est tres sympathique et je suis vite rechauffe. On me sert du the, du pain, de la confiture, du beurre et...du gras de mouton. L'averse cesse, je decide de repartir...Mais maintenant, c'est l'heure du poisson grille,  des chachliks et de la vodka! On m'invite a passer la soiree et la nuit ici! Apres avoir englouti une soupe de legumes arementee d'un jarret de mouton et bu quelques 112'000 verres de vodka, il est l'heure d'aller se coucher! Le lendemain, alors que je me reveille, la belle ambiance de fraternite qui regnait hier laisse sa place a un mauvais climat de suspicion. Mon appareil photo a disparu. Apres plusieurs heures de recherche, je dois m'avouer vaincu, je ne le retrouverai pas. Dans le doute, on va se limiter a vous donner la version officielle : Au petit matin, le petit garcon de la famille l'a pris et a ete galoper a cheval dans la steppe ou il l'a perdu...A vous de juger!
Apres mes vaines recherches, j'ai encore droit a deux verres de vodka avant de pouvoir repartir.
J'arrive le lendemain, vers la route principale menant a Kochkor. La route descend, enfin! Devant moi, un grand nuage noir. Je vais devoir traverser une nouvelle averse, mais celle-ci ne sera pas trop longue, je parviens a voir le ciel bleu plus loin. Mais alors que je traverse l'averse, patatras! Mon porte-bagages lache! Plus moyen de rouler a velo, je dois me resigner a faire du stop! Une camionnette remplie de jerrycans de khoumis (boisson nationale a base de lait de jument fermente, et donc legerement alccolisee, of course!). Les deux jeunes qui conduisent la camionnette sont tres sympa et nous passons de bons moments ensemble sur la route nous menant a Kochkor, a une vingtaine de kilometres de la.
Une fois a Kochkor, je vais dans un bureau d'information ou la dame me trouve sans probleme une maison ou loger et faire reparer mon velo!
Voila, maintenant, je vais reprendre un bus de Bichkek, ou j'ai pu m'acheter un nouvel appareil photo!, pour Kochkor, d'ou je vais repartir vers les montagnes qui m'ont tant enchante!
A bientot,
Yannik
PS : Je viens d'apprendre que la situation est critique dans le Pamir au Tadjikistan, je vais peut-etre devoir changer d'itineraire, mais j'espere surtout que la situation va rapidement s'ameliorer pour la population locale. Je vous joint un lien (en anglais) sur la situation actuelle la-bas :
http://www.freerepublic.com/focus/f-news/2911679/posts